Retournée acrobatique

Si on devait faire un pearltree des domaines les plus proches de la « culture porn », on mettrait fissa la culture foot aux côté de la culture gaming. Les parallèles sont nombreux et se résument à ceci : culture audiovisuelle à dominante (malheureusement) masculine et hétéronormée. Et cette brève viendrait prendre place dans un petit rond bleu ciel, contribuant comme il se doit à l’encyclopédie des cultures intello-rigolotes qui décrivent plus ou moins les contours de notre génération.

A la base, on avait lu l’info dans les brèves internationales de SoFoot, notre cousin dédié à la culture du ballon rond. « Une actrice X veut fonder un club de foot« , titrait le mensuel, et on se disait qu’il faudrait bien en parler un jour, même si la news était finalement aussi fraîche que mon coeur agité quand je croise Sasha au hammam – c’est-à-dire pas du tout. Mais force est de constater que nous étions passés à côté, peut-être parce que les footeux de la rédac’ sont moins hétéros qu’ils ne veulent le faire croire (hihi).

Et puis surtout, on a fini par conclure que vous méritiez mieux qu’une brève de quatre lignes sur une actrice-de-cul-qui-monte-un-club-de-foot et quelques blagues faciles, dignes d’un repas de Noël avec famille et chapon, et sûrement un peu trop de piquette vu comment Tonton a le nez rouge et la vanne vaseuse, du genre « espérons qu’elle leur mettra une belle branlée avec son club de foutre« , ce qui est certes drôle, avouons-le, mais un peu trop facile pour le lectorat de qualité que vous êtes, et on ne vous en remerciera jamais assez.

C’est même @CamContactsfr qui, dans un éclair de lucidité aussi salutaire qu’insoupçonné [« Suffit-il de commencer une news par « Une actrice porno veut… »pour faire le buzz sur les réseaux?« ], nous a fait déculpabiliser de ne pas en avoir parlé avant. Jusqu’à ce qu’on se retrouve tout penaud de s’être fait griller par nos amis des Inrocks qui ont déterré l’affaire ce midi, alors qu’on était tranquille en train de manger une salade, peu calorique, histoire de garder la ligne et continuer à faire vaciller le coeur des gens sur notre passage.

Alors, et c’est une réaction humaine donc on réclamera votre indulgence, on a finalement capitulé face à la dictature du old link. Il faut dire – le nombre de retweets m’en est témoin – qu’il s’agit d’un sujet de la plus haute importance – loin devant la mort d’un pornographe mondialement adulé -, et qu’on ne pouvait décemment pas passer à côté. On a donc décidé de se lancer, à une condition : vous offrir un article de top qualité, avec beaucoup de signes s’il-vous-plait, et pas mal d’incises pour remplir ce paragraphe. Comme l’écrivait J.D. Salinger dans Seymour, une introduction :

« acceptez, je vous prie, ce bouquet sans prétention de parenthèses précoces : (((()))). Je crois, le moins floralement du monde, que j’aimerais que vous les prissiez en premier lieu pour des signes tordus et arqués de mon état d’esprit et de corps devant ce récit. »

Et pendant ce temps-là, une actrice de cul veut monter un club de foot.

Qui ? Klarisa Leone, une fausse blonde Tchèque sûrement siliconée et clairement dégueulasse.

Quoi ? Monter un spin-off de l’Inter Milan, ou Football Club Internazionale Milano en version originale, mais à Prague, et qui s’appellerait donc l’Inter Prague, si vous suivez bien, ce qui signifie donc aller concurrencer les autres clubs de haut niveau représentant la capitale : l’AC Sparta Prague, le SK Slavia Prague, le FK Dukla Prague et le FK Viktoria Žižkov, sans oublier les Bohemians 1905. Ce qui est, en soi, un beau challenge.

Comment ? En copiant les célèbres couleurs noires et bleues du maillot Nerazzurri. Pour le reste, on a pas trop compris, le business-plan n’étant pas franchement aussi clair que celui de la bonnasse Sybil Danning, qui a déclaré vouloir s’investir dans le ballon rond [insérer ici blague douteuse relative à ses deux gros ballons roses] en rachetant une équipe anglaise de division inférieure mais à la base de fans conséquente.

Pourquoi ? Probablement pour gagner du fric, beaucoup de fric, mais peut-être aussi parce que l’Inter est l’une des plus grandes équipes d’Europe. Dans ses poches, 18 Scudetti, c’est-à-dire que l’Inter a été 18 fois champion d’Italie, mais aussi sept Coupes et cinq Supercoupes d’Italie, ce qui en fait le second club le plus titré du pays préféré des foot-fetish, et surtout, au niveau européen, trois Ligues des champions (la coupe des meilleurs clubs d’Europe), trois Coupes UEFA (la même chose mais en moins bien), et d’autres trucs dont on se fout un peu mais qui lui permettre de figurer bonne sixième au classement européen des clubs de football du XXe siècle pondu par l’IFFHS. Avouez que c’est impressionnant.

Enfin – si je ne m’abuse – l’Inter est la dernière à avoir battu en Ligue des Champions les peines-à-jouir catalans du FC Barcelone, alors champions en titre, et qui allaient récupérer leur blason un an plus tard. C’était en avril 2010, en demi-finale, à la suite d’un match-retour d’anthologie dont vous pouvez lire ici un compte-rendu tactique asserti de schémas qui feront bander les plus Mou d’entre vous (ah ! ah ! c’était clairement la meilleure blague de cet article, vous pouvez la récupérer si vous voulez, on est d’humeur généreuse). L’Inter Milan avait ensuite gagné en finale, contre le Bayern, pour un quintuplé historique en cette belle année 2010, qui sera forcément resté dans les annales [ne pas  insérer ici de blague douteuse, please] de Klarisa Leone, expliquant peut-être son amour inconditionnel du maillot milanais.

Ne me remerciez pas pour cette page culture qui vous permettra de briller en société lorsque votre petit cousin des Vosges, venu fêter Noël et/ou Hanoucca et/ou autre fête familiale de fin d’année, vous parlera ballon rond, et que vous pourrez enfin lui rétorquer des arguments de poids comme si vous y étiez, lui donnant au passage une petite leçon d’histoire footballistique qu’il ferait bien de retenir. Preuve que l’on peut faire de la brève un peu fournie sur le sujet, et qui dépasse les quatre lignes. Après tout, vous le méritez bien, et c’est pour ça qu’on vous aime autant. Et pendant ce temps-là, à la rédac’, on se touche. Parce qu’autant d’incises, ça épuise.

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