Boris : la revanche des Dudes

Je sais pas vous mais moi mon fantasme c’est Jeff Bridges dans The Big Lebowski.

Son peignoire. Ses caleçons. Sa barbe dégueu, ses cheveux dégueu.
Sa nonchalance impériale, son parfum de clope, ses mains qui sentent la pizza, ses doigts qui puent la bite.
Sa sensualité de chien mouillé, cette allure crasseuse qui me donne envie de caler mon nez ICI, pile : entre ses couilles et son trou de balle, endroit malfamé que j’imagine hanté par d’épaisses odeurs de transpi merdeuses. Je plane.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=iApz08Bh53w&feature=related[/youtube]

J’ai fait la connaissance de Boris une après-midi de juin, mon père était parti à son club de Bridge et ma mère digérait la gueule ouverte devant Michel Cymes. C’est à ce moment-là, dans la quiétude feutrée de ma chambre d’ado, quand les lueurs de l’été naissant baignaient de leurs feux d’antiques posters de Buffy contre les Vampires, qu’il me vint à l’esprit de branler mon gros sexe.

Penché sur mon labtop le zob à l’air, les couilles étranglées par l’élastique de mon caleçon, je m’énervais de ne pouvoir remettre la main sur l’une de mes vidéos fétiches , celle d’un couple amateur germanophone enchâssé dans une baignoire trop petite. Un film relativement sublime où le mec a un râle de métalleux tout à fait obscène quand il lâche la purée (que j’imagine bouillante et parfumée au sirop de chêne). Las, j’affinais ma récolte de tags #swallow en prenant garde à ce que le visage du mec sucé soit bien cadré. Clic, clic, clic… Et c’est ainsi que Boris m’apparut. Moustache folle, coupe de cheveux on ne peut moins dingue, corps d’échalas mi-sec mi-gras : il n’en fallut pas plus pour me séduire…

La saveur irrésistible d’une clope entre deux pipes.

Boris fait partie des incontournables de l’#amateur sur xhamster. Vous pouvez le flairer à 100 000, c’est toujours le même cadrage, toujours le même canapé crevé, toujours la même lumière défaite. Son œuvre, empreinte d’une âme slave inimitable, se décline sur 53 vidéos façon Les Aventures de BorisAleksandra, Mareen, Lena, Fat Edda : c’est à une véritable farandole de travailleuses du sexe ukrainiennes à laquelle nous sommes conviés et où chacun sera susceptible de trouver son bonheur. En stock : de la milf bien sèche, de la mature tombée de l’arbre à l’automne, de la domi en casquette cloutée, de l’institutrice en chaussettes (imagination), de la chubby BBW, etc… Les amateurs-trices de manifestation virile – dont je me fais ici le représentant illégitime et affamé – devraient logiquement en avoir pour leur argent, Boris libérant un sex-appeal loufoque et souvent irrésistible. Certains-nes verront dans ce pur précipité de masculinité l’occasion de se remémorer de vieux souvenirs de vacances… Comme ce père de famille au trou de balle ensablé qui transpirait son hétérosexualité sur les plages de Gruissant… Ce moniteur d’escalade en pré-retraite qui vous narguait du haut de son harnais avec ses bonnes grosses couilles… Ce joueur de pétanque biterrois à l’odeur d’anis enivrante à qui vous auriez bien pompé la bite contre une friteuse à churros… Remember, c’était l’été de vos 12 ans. Voilà, Boris c’est tout ça, et bien plus encore.

Une certaine constance figurative qui n’est pas sans rappeler les inquiétudes mémorielles et archivées d’un Boltanski.

Les scénettes, d’une durée moyenne de 30 minutes, sont cadrées en plan large avec parfois quelques gros plans actionnés à la télécommande. Chacune fonctionne sur l’accumulation toujours plus folle de situations jugées comme peu ragoûtantes par nos sociétés aseptisées. « Porter un slip », « garder ses chaussettes », « racler son glaviot » : l’œuvre de Boris est un véritable bras d’honneur adressé aux traditionnels « Top 10 des tue-l’amour au pieu » que vous trouverez chaque année à la même époque dans Biba, Cosmo ou tout autre torchon sexiste. De là à y voir une forme de revanche sur le diktat des normes, il n’y a qu’un pas que notre imaginaire fatigué des corps plastifiés franchit allégrement. Fun, grunges et contemplatives, les vidéos de Boris semblent planer loin, très loin au-dessus de tout ce qu’on voit d’habitude, et ce malgré leur pauvreté visuelle indéniable.

Car voilà, Boris a la classe. La vraie. L’élégance rare des mecs qui savent se rouler une clope en même temps qu’ils vous baisent. Ceux-là même qui vous soufflent sur le ventre pour enlever les miettes de tabac qu’ils ont fait tomber. Des princes. Boris ne nous cache rien de sa vie dans ses films, on voit tout. Il tire sur son pétard, il bâille, il se gratte, il ronronne des trucs salaces à ses partenaires : c’est un félin. Il est dans sa jungle. À la fraîche. Sa jungle, c’est : le paysage déglingué d’un brunch de pauvre sur une table basse, des briques de Pampril Lidle, un peu de linge sale, un cendar plein à craquer, un chat qui fait sa toilette. Avec lui, baiser devient aussi naturel que de se nourrir au flan d’un zèbre fraichement égorgé. Il nique comme d’autres se roulent dans la boue ou se lèchent la fourrure. On prend son temps. C’est dimanche. On est de congé, on a tout l’aprèm. On discute, on se suce un peu la bite, on fait une pause, on se sert un café et on resuce. La vie.

Pyjama 3 Suisses et tongs La Foirefouille. Datation estimée à l’An 4 avant Sandy-Valentino.

Un sentiment de fraîcheur et de respect absolu survient alors, en dépit du caractère extrêmement bas et pauvre de ce qui est montré. À quoi doit-on cette magie ? Probablement au fait que tout semble avoir été réalisé sans honte, sans peur, dans l’indifférence totale de ce que peuvent en penser les spectateurs. On tient là une œuvre qui s’apparente clairement au document ou à l’archive privée, et que la mise en ligne publique transmue en quelque chose de plus fort. Toute la puissance du tag #amateur réside ici, dans cette pratique intime de mise en scène de soi brutalement injectée dans la Grand Messe masturbatoire du porn online. Mets-toi en forme, forme-toi, montre-nous ta réalité, montre-nous ton cul : avec ses vidéos à contre-courant qui sont autant d’images qui comptent, Boris encule un bon paquet de normes et nous rend, d’une certaine façon, à la vie et à la vue.

Pour tout cela, on ne peut que recommander les films de Boris, définitivement de ceux que l’on quitte bien dans son corps et bien dans sa tête, avec le sentiment d’avoir fait plus que de se branler seul(e) dans son coin : un moment de vie partagé, un échange d’affinités érotiques et numériques.

En résumé

Les plus

– une immersion en apnée dans l’intimité d’un queutard biélorusse, ça n’a pas de prix ;
– le tournage VHS et ses effets à la TV8 Mont-Blanc ;
– Boris himself. Ses débardeurs, ses slips, sa moustache. Une louche de Jeff Bridges + une louchette de Charlie Sheen + une louchinette de Borat = une icône en puissance.

Les moins

– c’est pas toujours ce qu’il y a de plus excitant, en fait ;
– souvent mal cadré (donc frustrant) et mal éclairé (directeur de la photo en pleine jaunisse probablement recruté chez Jeunet).

Dans quel contexte les regarder ?

– Dans l’idéal, les vidéos de Boris seront projetées sur le grand mur blanc d’un salon d’étudiant, en boucle, soit près de 15 heures de porn temps réel quasi non monté et non coupé.

Son chef d’œuvre

Boris and Maria
Un combo hallucinant #massage #handjob #blowjob #swallow visionné plus 686 000 fois où Boris se vide les bourses dans la bouche d’une #mature en pull crêpé lavande.

Ses tags

#vieillecrapule #vieillefripouille #vieuxcoquin

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