La Barr

hahaha. Blague. C’est parce que Jean-Marc Barr… Et La barre. Tu l’as? Tu l’as.

Jean-Marc Barr, produit et joue dans Chroniques sexuelles d’une famille d’aujourd’hui, un long-métrage en montage actuellement, et qui devrait sortir prochainement. Jusque là, rien de bien neuf. Mais ça commence à chauffer un peu lorsqu’on apprend que le film contient des scènes de sexe non simulées. Jean-Marc Barr n’en est pas à sa première histoire de bites. Dans le très bon Too Much Flesh qu’il a réalisé en 2000 avec Pascal Arnold (qui réalise le film qui nous intéresse aujourd’hui), Jean-Marc Barr abordait déja de face la sexualité moderne et les obstacles normés qui se dressent sur son chemin vers la jouissance. Alors sur le papier, le fait de pousser plus loin ces thèmes, comme l’a déja fait John Cameron Mitchell dans Shortbus, je ne suis pas contre.

Le problème, c’est le postulat de départ sur lequel s’est basé l’acteur pour lancer ce projet :

« Ce film est un antiporno avec des anonymes qui font vraiment l’amour. Le but du film est de faire une proposition alternative à l’industrie du porno, qui domine à 90% la représentation de la sexualité, où l’image de la femme est ternie. C’est tellement rare de voir au cinéma ou à la télé une sexualité qui ressemble à la vie de chacun. Nos enfants sont exposés au porno dès le plus jeune âge, alors pourquoi ne pas leur montrer ce qu’est vraiment la sexualité ? »

Le raccourci « le porno, c’est mal, alors on a fait un film où baiser sur pellicule, c’est mieux, c’est vrai », c’est super limite. C’est idiot, d’abord, parce que ça invalide totalement le discours en montrant une sorte de puritanisme déplacé, et ensuite parce que c’est empreint d’un jugement assez réducteur.

Faire une proposition « différente », soit, mais le faire en disant que c’est mieux, que c’est cette forme de sexualité qu’il faut montrer à l’écran et aucune autre, non. Merci. On repassera.

MàJ 26/04/2012:

Hier, Pascal Arnold et Jean-Marc Barr nous ont invités à voir la version « Sexuelle » interdite aux moins de 18 ans et montrant frontalement les coïts non simulés sus-cités, et en parler ensemble ensuite. Et comme il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis, les explications et la discussion qui a suivi la projection m’ont permis d’appréhender le projet différemment, et surtout, de voir cette citation sous un autre jour. Là où je comprenais dans « Ce film est l’anti porno » que « le porno c’est mal », Jean-Marc et Pascal nous ont bien fait réaliser que ce n’était pas là le but ou la finalité de ce long-métrage. Chronique Sexuelles d’une famille d’aujourd’hui se pose comme une autre façon de représenter cette sexualité, soit, mais pas en compétition ou en remplacement du porno. Là où le X a une utilité surtout masturbatoire, le film de Pascal et Jean-Marc (ils sont vraiment cools, alors je les appelle par leur prénoms) se pose comme un point-de-vue sur la sexualité et les corps. Nous avons affaire à deux buts totalement différents pour la représentation de la même chose.

En cela, et au vu de la bataille quotidienne qu’ont du mener les deux cinéastes pour que le film voie le jour, envers et contre à peu près tout et tous, le film n’est pas dénué d’intérêt.

2 commentaires Voir les commentaires

  • Je n’aurais pas su mieux dire.

  • Où quand la morale s’accroche et refuse de fermer sa gueule…

    Je suis assez d’accord avec toi : c’est assez malhonnête comme parti pris. D’autant que regarder « la vie des gens normaux » ne fait pas du cinema un bon cinéma… (comme en politique d’ailleurs… mais c’est un autre débat!)

    C’est une vision naïvement débile d’une approche humaniste. C’est filmé, c’est écrit, c’est pensé… donc ce n’est pas de la vie réelle. CQFD.

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