Xanadu, préparez vos mouchoirs

À partir du 30 avril sera diffusée sur Arte la série Xanadu. Huit épisodes de 52 minutes réalisés par Podz et Jean-Philippe Amar, d’après une idée de Séverine Boschem.

Librement inspirée de la société Dorcel, la série retrace l’histoire de l’empire Xanadu au tournant du XXIe siècle sous fond de drame familial, social et de crise dans le secteur du X.

La réa est soignée et crédible. Elle se veut ancrée dans la réalité : le scénario multiplie les parallèles avec l’histoire de la famille Dorcel, Phil Holliday et Angel Summers jouent leur propre rôle, les questionnements sur l’avenir du porno demeurent pertinents. On parle de l’arrivée de la 3D, des nouveaux modes de consommation, du gonzo face aux productions classiques. Bref, on pourrait y croire.

Sauf, que je ne sais pas à quoi carbure Séverine Boschem, mais elle est sous perfusion de darkness tant la série est d’une noirceur sidérante. C’est le drame à la française, rien ne va. Meurtre, drame social permanent, l’univers du porno montré comme un milieu sordide, à la limite du morbide. Et évidemment on n’oublie pas les poncifs, une famille qui se déchire sur fond de succession, la figure imposée des sagas de l’été quand il ne reste plus que les grincheux devant leur télé. C’est Dallas au pays du porn, sauf qu’on est en 2011 et que notre génération biberonnée à l’entertainement ricain aspire certainement à plus de dynamisme dans nos productions locales.

Un gun en or, tout simplement.

J’ai regardé les quatre premiers épisodes en poussant des petits cris d’indignation, on navigue de drame en drame, à se demander où la série va bien pouvoir nous amener dans le d4rK. Noircir le trait c’est tomber dans la facilité, est-ce que cette France nous fait rêver ? Je ne pense pas. Le porno ici est un prétexte, la même histoire pourrait très bien se passer n’importe où en France, du moment qu’on nous pond le ressort scénaristique planplan du fameux “secret”. Dans un Château, à St Jean de Luz, à Pigalle, autour d’un putain de Dolmen ou je ne sais pas où. C’est chaud, c’est la merde, mec; prépare tes mouchoirs et pas pour ce que tu as l’habitude de faire.

Le personnage de Lapo, qui à lui seul, mérite qu'on regarde la série.

En fait, t’as pas trop le choix par ici, soit c’est le drame, soit c’est le lol foireux. Est-ce si compliqué d’être cool ? Y’en ras-le-cul de penser aux consommateurs ouin ouin (la ménagère), que ce soit en musique (le succès de Zaz et de la musique “sociale”), dans le cinéma (les mélodrames du style : un trentenaire, ses questionnements, son divorce raté) ou dans le porno (réa ras des pâquerettes et vulgarité affolante).

Faites nous rêver, lâchez votre swag, oubliez la réalité.


12 commentaires Voir les commentaires

  • putain de oui à 200%
    yen a marre du social dépressif à la française là, on croirait qu’il y a que des subventions/financements que pour ça bordel.

  • moi aussi « putain » ! Au secours, la saga tv bien à la française; une real qui n’a pas bougé depuis 20 ans, des acteurs toujours aussi mauvais… j’ai jamais voulu voir Navarro faire une scène de pénétration, ce truc ne m’intéresse pas plus.

  • Pourtant oui la réa est bonne et l’idée est intéressante, mais c’est comme s’il y avait un lobby « ouin ouin » qui venait tout casser par derrière.

  • Y’a la projo du film la semaine prochaine, je vais aller leur demander pourquoi ce lobby de Lexomil.

  • Chiant, moi qui me rejouissait de l’arrivée d’une serie erotiq sur le petit ecran..
    Ces francais sont definitivement bon à rien à part chialer, leurs verres de pastis sont toujours à moitié vides.

  • C’est très « auteur », ouais. Je préfère revoir Le Pornographe (Bonello).

  • Bonjour

    je passe par là pour donner un autre son de cloche, car si après le premier épisode, je n’étais pas convaincu, ben par la suite j’ai bien accroché.

    Je ne trouve pas du tout les acteurs mauvais, bien au contraire. Je trouve le montage tout à fait intéressant et original, se prêtant bien au sujet.

    Ça n’a rien à voir avec une production TV française habituelle. Ça sort des sentiers battus. je ne saisis pas du tout le rapprochement avec Navarro ???

    De plus, je crois qu’il y a erreur, ce n’est pas un reflet de la société Dorcel, on est dans une pure fiction. Les personnages sont bien plus complexes, que résumés à un seul conflit familial.

    Le seul reproche que j’ai à faire, c’est un rythme un peu trop lent, de la confusion, on pige pas toujours tout, mais pour le reste j’ai suivi cette saga avec plaisir.

    Effectivement, j’ai apprécié particulièrement le personnage de Lappo.

    Perso, je préfère ça et de loin au sempiternel bon et méchant des films américains.

    Pour moi, seule Arte, pouvait nous proposer une telle série.

    • Je n’ai pas parlé de Navarro au fait. Par contre pour Dorcel, les connaissant un peu, c’est vraiment calqué sur une partie de leur histoire. Les parallèles sont plus que nombreux.

  • Pour Dorcel, bon autant pour moi alors, m’enfin je pense qu’il y a quand même une sacrée extrapollation rapport à la violence qui s’en dégage notamment, un meurtre, une fusillade, par exemple. je pense qu’ils ont sacrément pimenté l’histoire.

    Navarro c’est alucage qui l’a évoqué.

    Mon com était en réponse à l’ensemble de cette page, article et coms, puisque tout le monde semblaient sur la même longueur d’onde quant-à la critique de cette série.

  • Je viens juste de regarder les 8 épisodes en 2 jours et j’avoue vraiment aimer cette série.
    J’aime beaucoup l’ambiance et le traitement – image, montage .
    Certe, on est bien souvent dans le caricatural et pas vraiment dans la réalité du monde du X, mais comme cela a été dit plus haut, le porno n’y est qu’un prétexte.
    Oui on est dans un ‘drame à la française’ mais ce n’est pas forcément une maladie honteuse que de ne pas imiter les ricains.
    Perso, j’attend l’éventuelle 2ème saison

  • Seb Lemmy:
    « (…) j’avoue vraiment aimer cette série. »
    Moi aussi.

    « Certe, on est bien souvent dans le caricatural et pas vraiment dans la réalité du monde du X. »
    Certes. Néanmoins, certains aspects « backstage » (hors tournage) et certaines répliques me sont apparus plutôt fidèles à une certaine réalité et à une certaine mentalité, enfin d’après mon eXpérience personnelle.

    « Oui on est dans un ‘drame à la française’ mais ce n’est pas forcément une maladie honteuse que de ne pas imiter les ricains. »
    Seb, parodierais-tu ‘JP’ là ? (‘JP’, si tu m’lis, je plaisante)

  • @Seb Lemmy

    Petite précision afin d’éviter toute méprise: quand j’évoque une certaine « réalité » et une certaine « mentalité » X (françaises en l’occurrence et quelque peu au ras des pâquerettes, « grossières ») que j’ai pu observer dans le cadre d’eXpériences personnelles, il n’est bien évidemment pas question de celle qui nous a permis de collaborer ensemble par l’entremise du grand « citadin » Christian.

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