Le prix de l’effort

Je n’ai jamais réellement été un fan de sport. Non, sérieusement. Avant mes 18 ans, fallait vraiment se lever tôt pour essayer de me bouger le derche. Au collège, j’étais le type qui se cachait derrière les arbres pendant le 3×500 mètres, et qui faisait semblant de cracher ses poumons en passant devant le prof (DTC, M. Rossi). Ces années de flemmardise intense m’ont à l’époque apporté un coté intello relativement déplaisant, une sacrée couche de gras, un poste quasi-instantané de bon copain / confident avec les fille NSFWs, et un mojo en berne. Années noires, où les contacts physiques sporadiques ne faisaient qu’accentuer la frustration globale, et nourrissaient par là tous ces fantasmes mystérieux et tordus qui ont fait de moi un véritable introspecteur du porn et un dégénéré sexuel. Aujourd’hui ça va mieux. Enfin, tout est relatif : je suis toujours un indécrottable pervers, mais au moins j’ai un peu plus la forme. Je crois que le déclic a eu lieu lors de cet énième lavage de mains post-masturbatoire où, au moment où j’appuyais sur ce Pouss Mouss au lait d’Amande Douce qui m’évoquait étrangement un cumshot, je me suis regardé dans le miroir de la salle de bain et, voyant mes cheveux aplatis sur l’arrière de ma tête, je me suis pris de pitié pour l’adulescent misérable que j’étais et me suis dit « Hé gros lard, tu ne te taperas jamais Lisa Marie. Il va falloir te sortir les doigts de ton proverbial cul et arranger les choses si tu veux aller chasser dans le vrai monde». Le lendemain j’achetais des baskets, et la machine était lancée. Je suis désormais un bifteck en bonne forme physique, et j’en remercie mon savon liquide. Évidemment, je ne regardais pas non plus énormément de sport à la télé. Sauf quand ça se bastonne, ce qui élimine immédiatement le foot et m’amène plutôt vers le rugby, la boxe, et bien sûr le catch.

Ultimate Surrender

Après je vais pas te mentir, j’aime bien leur courir après…

T’inquiète, on arrive à la partie Porn. Ce que j’essaye de faire là, c’est simplement de planter le décor pour l’immersion, et t’amener à te demander où en est le combat dans le Porn, et en quoi on s’y retrouve ? Quelles vidéos pourraient parler au mâle primaire amateur de dépassement et de baston, et lui faire trembler la quine telle l’entrée de Kelly Kelly et de ses sublimes bazooms sur un ring ?

En tant que vieux briscard ayant fortement usé mon ciré sur les océans du pornweb, vous comprendrez que les centaines de milliers de vidéos de coachs sportifs qui pilonnent leurs élèves ont fini par me lasser (sauf quand c’est Lexi Belle qui fait son fitness, là c’est une autre histoire). Jogging, gym, danse, muscu… Toutes les disciplines ont été traitées par le tag #workout, mais sans jamais réellement innover. Au final on reste toujours dans un vieux schéma, une pauvre excuse pour mettre en place un gonzo bidon : Mademoiselle s’étire, Coach lui fait remarquer que son bassin est mal positionné, fait traîner ses mains et, sans même qu’on ait eu le temps de s’en rendre compte, on avait déjà expédié le DCLC (« Doggystyle → Cowgirl → Launchpad → Cumshot » : la formule à emporter basique, sans les frites). Où était le frisson ? Mon slip et moi, on est aussi tordus et exigeants l’un que l’autre, et ce genre de banalités c’est bon pour passer le temps sur l’Iphone pendant qu’on fait la queue à la CAF. Non, il en fallait plus pour réveiller mon mojo les jours ou je voulais flatter mon égo démesuré et me rappeler qu’un jour j’avais trouvé la motivation et rejoint le troupeau des brutes épaisses.

Ultimate Surrender

Ouais c’est bon, on connait la recette…

La rencontre s’est faite par hasard, au détour d’une vidéo Youporn intitulée « mudwrestling » regardée plus par curiosité que par réelle attraction. Comme une grande partie des uploads sur ce tube celle-ci était une tartine de pixels informes, et on y distinguait vaguement 2 blondes bataillant dans une piscine de boue, pendant 1mn23. Parfaitement dénuée du moindre potentiel érectile donc, et qui me prouvait encore une fois que Youporn était un peu l’estuaire du fleuve Youtube sur internet, avant le grand large et les eaux profondes incarnés par Pornhub ou Xvidéos : l’endroit où on commence à sentir le sel dans l’eau, mais qui est encore un lieu de cabotage beaucoup trop fréquenté par les marins amateurs. Alors que je m’apprêtais à revenir en arrière, une « vidéo similaire » a retenu mon attention. Elle s’intitulait « Dragonlily handles Hollie Stevens», et dans les thumbnails on voyait deux minettes au physique relativement athlétique, des strap-on, et beaucoup de passion.

Cette vidéo, c’était un extrait d’un épisode de « Ultimate Surrender », un microsite de chez Kink.com. Une fois n’est pas coutume, c’est de chez eux qu’est venue l’innovation. Pas que nos potes californiens ne nous aient pas habitués à faire dans la nouveauté (ils sont le fer de lance de la scène BDSM, qu’ils ont pratiquement réinventé et qu’ils ont rendu éminemment hype), mais parce que je ne suis en général pas vraiment client de leur fantaisies sado-masochistes. Mais je dois avouer qu’ils ont tapé dans le mille sur le coup là. Vous le connaissez ce sentiment bizarre, ce mélange d’excitation et de culpabilité de se rendre compte que ce truc incroyablement déviant qui se déroule devant vos yeux vous fait des guilis dans le slibard ? J’étais en plein dedans, au milieu des turpitudes de mon cerveau de 20 ans.

Doux Jésus...

Doux Jésus…

Le concept est d’une simplicité confondante : deux donzelles (ou plus) luttent sur un tapis, dans un plateau aménagé pour l’occasion, devant un public de gens divers allant de Truck-Driver Charlie et sa casquette à la bande de jeunes hipsters venus tripper entre potes. En 3 manches de lutte vaguement gréco-romaine, et plutôt du genre de celle qu’on devait pratiquer dans les lupanars de l’Empereur, les lutteuses (seules ou en équipe) accumulent des points. Le camp ayant le plus de points à la fin des 3 manches se retrouve en position de domination pour le spectacle final, la manche de soumission. Alors attention les brutasses, les règles sont très strictes : c’est pas parce qu’on s’étrangle en se calant des doigts qu’il faut oublier qu’on est surtout là pour passer un bon moment entre copines. Je ne vais pas vous les détailler, si vous voulez en savoir plus, vous n’avez qu’à aller faire tour sur la minable page française NSFW du site (le jour ou les acteurs du porn français comprendront l’importance du webdesign et du style d’écriture, Lexi et moi on sera mariés, et je serai un homme heureux). Mais pour résumer, chaque manche est plus dénudée que la précédente, et les points s’accumulent en fonction des prises assénées ou des caresses prodiguées, avant de finir dans une débauche fétichiste.

Ultimate Surrender

Maintenant faut payer le prix…

Ils ne l’avoueront sûrement jamais, mais c’est en jouant sur la corde sensible du machisme que les gars de chez Kink réussissent leur coup avec Ultimate Surrender. Le girl on girl tout simple ne suffit plus, l’alphamâle à l’esprit pervers veut désormais pousser plus loin. Il veut se venger de la frustration de n’avoir jamais vu passer à l’action ces blondasses qui se foutaient sur la gueule dans ces films d’action 90’s gavés de testostérone, lui qui rêvait tellement de baiser la femme de Walker Texas Ranger. Seulement là, c’est Isis Love qui s’en charge pour lui. Ah il en a eu pour son compte, il les a vu suer, se faire du mal, se retourner dans tous les sens pour essayer de placer correctement une main qui leur permettrait d’être du bon coté du strap-on. Et Isis lui donne son grand final, parfois même en le laissant tenir les jambes de sa victime pendant qu’elle lui montre qui c’est qui commande. Elle rigole pas Isis, la légende voudrait qu’elle garde des esclaves chez elle, le BDSM c’en est un peu la princesse. Dans le donjon de Kink elle est un peu à la maison, et telle une catcheuse poussée vers la victoire par un Vince McMahon conscient du potentiel de son poulain, Isis « The Goddess » Love est la reine de l’Ultimate Surrender.

Ultimate Surrender

THE CAMEL CLUTCH WILL MAKE YOU HUMBLE !!!

Isis a encore gagné, et ses statistiques la rapprochent encore une fois du titre. Le concept, lui, se cimente. Après plusieurs saisons, le taux d’achat augmente et on assiste même à la création d’une version gay. Ultimate Surrender plaît, et c’est en grande partie dû à ce concept de mêler une bonne fois le sexe et le défi, jamais vu auparavant. Et moi dans mon coin, j’assume à moitié cette érection coupable. Mais je me rassure en constatant que tous mes potes ont eu la même réaction quand ils sont tombés dessus, « par hasard »…

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