SISI la CC

Ndlr : ce texte ne constitue pas une apologie ou une incitation à la consommation de produits stupéfiants. Merci de bien rester tranquille au regard de la loi.

Porno et cocaïne ont toujours fait bon ménage, rien qu’à voir la gueule ravagée des mecs dans le milieu, ça semble pulser à mort. À moins que ça soit le viagra, ou les deux, hein. Un acteur fort connu me disait l’autre jour (j’aime dire ça, comme si c’était mon pote) : « 10 ans dans le milieu et jamais ni l’un ni l’autre », ca semblait être un trait d’honneur, à mon avis son truc c’était surtout la muscu, chacun sa dope coco. Il est assez compliqué de recueillir des infos là dessus, la peur de se faire griller ou sujet tabou, en tout cas après quelques verres, le mot coke ressort souvent auprès de mes oreilles indiscrètes. Porn et coco seraient copains comme cochons ? Testons.

A la rédaction du Tag, une fan nous a donné une idée. Extrait: « Basic Instinct » – Paul Verhoeven (1992)

La CC est la drogue euphorisante par excellence (rien à voir avec sa qualité sur le marché), celle du luxe, du strass, du go with the flow, du fonfon de bourgeois et de la performance. Tout à fait logique qu’on la relie au porn, la tension sexuelle allant de paire avec l’excitation générale. La C est aussi la drogue des gens qui se la pètent et qui aiment s’éjaculer dessus, porn star et coke sont donc amis pour la vie. Enfin, le pouvoir anesthésiant de la poudre de Perlimpinpin est prisé par les amateurs d’anal cash, des hétéros frileux aux gays confirmés. Ce que me confirme un ami, pour pouvoir avoir la chance de niquer avec la moitié d’un duo d’artistes gays forts connus, la présence d’un sachet bien fourni est demandée à l’entrée, cc correcte exigée. Taylor Rain pourrait aussi nous confirmer ça, elle est une adepte du saupoudrage de talc bolivien sur son derrière pour préparer l’arrivée d’une armée de types TTBM, elle t’explique ça en reniflant quinze fois en 30 sec, pas de doute, elle s’ambiance.

Taylor Rain Cocaine

Taylor Rain vous montre où elle aime en prendre

Puis le mythe, sexe et décadence, toujours plus loin et toujours plus fort. La défonce pendant que tu défonces, la fameuse trace dans la raie des fesses, toutes ces choses qui semblent avoir un sens quand on aime les références. La musique à fond, Motörhead résonne dans les chaumières pour couvrir les sniffs des gens qui s’emmerdent. Selon la pureté de ta connerie, tu tapes à 0,9 ou tu te fais entuber. La levrette et la chaleur, se mater les muscles et cogner à en perdre haleine, le Patrick Bateman qui sommeille, se réveille à coup de tartes dans la gueule. Oups, le nez éclaté, à moins que ce soit l’aspirateur qui t’a explosé. Ça tache le lit, c’est moche, que va dire maman ? Maman râle que papa ne bande plus parce qu’il est trop camé, le pauvre il est adepte du coked dick et il lui faut plus qu’une dynamo nucléaire pour relancer la machine. « Too much blow and the cock won’t grow » Illustration ? Illustration !

Extrait: « Californication » – Saison 2, épisode 6 (2008)

Et la bataille d’égo, porn star celebrity death match. A qui sera le plus performant, à celle qui prendra le plus cher, à celui qui tirera le plus fort, à celle qui fera son caprice de toute petite star. La coke joue un beau rôle de catalyseur des problèmes autour du nombril, les actrices pètent les plombs sur le plateau, les autres ont le regard tellement vide que j’ai vu plus d’humanité dans l’anus d’un chien. Les mecs bandent plus, en chômage technique. Où est passée la subversion ? Hors caméra, car en face on s’ennuie, ça mitraille sec mais c’est aussi intéressant que mater un porn complètement pété. Alors la descente est violente, elles finissent dans des gonzo crack whore, c’est moche comme la tristesse d’un plateau après une double anal. Je vous épargne l’ouverture de la boîte à faits divers, ces actrices ont trop cramé au soleil, elles ont toutes fondu. Et les mecs ? Bon, en général on s’en tape d’eux, donc s’ils crèvent ils n’auront pas leur nécro dans Libé. Sale ambiance.

Extrait: « Boogie Nights » – Paul Thomas Anderson (1997)

Car passons aux choses sérieuses, on m’a payé très cher pour écrire ce papier, vous vouliez du lol et du vrai, donc voilà l’angle tant attendu.

Rituel frileux, mais rituel quand même. Voici la dernière raison des boitiers à CD: taper sa trace pépère. Le coin du lit, bien en évidence, l’objet du délit, snif snif tu t’envoies cette merde que t’as achetée je ne sais où. Le mec a dû te dire « non mais elle est fraîche, direct de Colombie », oui oui bien sûr, l’autre t’as assuré « 0.9, obligé », mais oui oui on te croit. « Bolossus bolossum fricat. »

Donc, on disait tu t’es envoyé cette pureté sans nom et t’attends avec le petit cul qui est dans ta main. Assez rapidement le petit cul a la bougeotte, mais que se passe-t-il ? Quelqu’un a monté le chauffage dans la tête de cette petite ? J’ai cru entendre une secousse au fond de son ventre, elle qui était si sage il y a encore peu se transforme petit à petit en fille ultra horny. Mon petit doigt me dit qu’on va bien s’amuser, enfin la chevauchée fantastique et la passion charnelle retrouvées. Alors ça tambourine, les mille grelots d’un orchestre fou qui rythment les coups de reins de plus en plus intenses. La C nous a rendus pornstars pour un soir, en face de moi Sasha Grey, Stoya, Tori Black, Reagan Maddux et tellement d’autres. En face d’elles un étalon aux pouvoirs insensés, mais qui commence à percevoir de serieux signes de débandade. Coco ? Concentration, serious business. La valse affolée continue, ça se tape, ça se fout des baignes, y’a plus de coke, on va mourir, noooon défonce-moi. Oh bordel de merde, on est dans un vortex, je ne bande plus, la misère, je me finis à la main et putain j’en chie. AAAAAAAAAAA. Un orgasme, pour ne pas s’avouer vaincu, j’ai les dents qui claquent et je pense avoir eu l’orgasme le plus ridicule au prix de l’effort effectué. Cette fois-ci, ouais, on est un peu tributaire de la coupe. Des fois ça foire, et tu hais ton dealer comme le pire des coiffeurs.

Extrait: « Debbie Loves Dallas » – Eon McKai (1997)

Y’a des jours où on se demande ce qu’on fout là à cogner comme des sourds, les porn stars nous mettent la pression alors on veut être les mêmes au pieu : le culte de la performance et l’insatisfaction devant la perfection. Pour quelques dizaines d’euros, on devient pornstar, on s’envoie en l’air en respirant à fond pour ne pas en perdre une miette, pour vraiment vivre le truc. C’est jeune, c’est cool, tout ça semble honnête sur le papier si t’oublies de lire l’astérisque. C’est écrit en tout petit, regarde bien, tu vois y’a écrit : boloss.

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