Lèche ma chatte (virgule) connard

Avec cet esprit provocateur qui me caractérise et quitte à choquer certains lecteurs (qui sauront mettre à l’abri leurs chastes oreilles si leur sensibilité les y oblige), je vais faire la révélation d’une chose que toutes les filles savent mais que la gent masculine semble ignorer : nous les gonzesses on mate du porno. Je sais, c’est moche.

En réalité l’internet est un petit monde et il est bien probable que le lecteur moyen du Tag Parfait soit déjà au fait de cette triste réalité. Cependant, je me dois d’évoquer la chose afin de tenter de faire dépasser à cette information le cercle restreint d’un lectorat avisé pour lui faire atteindre des sphères aux moeurs plus obscurantistes. En effet, malgré le buzz qui dure depuis maintenant un petit moment sur le porno féminin qui tarde, tarde (peine à jouir va!) à émerger, cet état de fait a visiblement échappé à une grande partie du petit monde de la production pornographique traditionnelle. Et si je me laissais aller, je dirais que ça me chiffonne ! Oh oui et même que ça me rend aigrie comme une vieille féministe mal baisée*.

Old women computer

A la recherche du tag parfait

Car après avoir passé un certain nombre d’heures à taper Gang-Bang, orgy, DP, voire gagging à la recherche de la petite catin qui saurait me communiquer ce délectable sentiment de souillure propre à accompagner le mouvement circulaire de mes doigts entre mes cuisses, lassée de ces plaisirs grossiers, je me suis finalement décidée à me tourner vers des pratiques plus raffinées. Et cette quête m’a jetée dans le désert du world wide porno streaming, dans lequel j’erre dorénavant à la recherche du tag parfait. Et le world wide web me réponds chaque fois qu’il n’y pas de Tag pour la jeune fille.

Mille exemples pourraient servir à dépeindre les quiproquos, divergences de points de vue et incompréhensions qui ont été mon lot depuis le début de ma quête. Mais aucun exemple ne sera plus limpide que le plus simple. Je me propose donc de me concentrer sur une pratique universelle et qui devrait faire consensus : le cunnilingus.
Or donc, quand l’amateur de gonzo tape cunnilingus sur son site de streaming préféré, que se passe-t-il ?

En ce qui me concerne, voici le résultat d’une recherche hâtive sur quelques sites au hasard :

X-hamster : 6 vidéos
RedTube : No video found
x-videos : 2 pages
youporn : 380 videos (dont 111 lesbians) Ouf.

Il s’avère qu’une recherche à base de pussy eating apportera généralement un peu plus de satisfaction quant à la quantité mais là n’est pas la question. Parce que même quand la quantité est au rendez-vous, l’amatrice de cunnilingus n’est pas au bout de sa peine.

Les quelques rares vidéos qui montrent réellement un cunnilingus, que nous montrent-elles ? Une langue pointée sur une vulve presque sèche (mais ça c’est la règle) qui va et vient le long des petites lèvres.
Putain, connard, c’est pas par là mec, remonte merde.
Il finit par s’attarder sur le clitoris.
Ok gars, colles-y ta bouche maintenant putain.
Y pose enfin la bouche. La caméra remonte vers le visage de la fille qui commence à prendre son pied comme en témoignent ses yeux exorbités et les sons suraigus qui sortent de sa bouche tordue par le plaisir. Et hop. Le type s’éloigne, redescend.
Ahhhhh tu veux ma mort enculé !
Et quand par hasard les petits cris de la fille besognée commencent à indiquer la montée de sa jouissance vers un orgasme dont on se prend à rêver qu’il va nous libérer enfin… Coupé. Scène suivante, une bite dans la bouche.
Je jette mon portable par la fenêtre et me termine au double rabbit.
Bâtard.

Une fois dans ma salle de bain, occupée à nettoyer mon lapin en pleurant sur le décès de mon portable émietté quatre étages plus bas, j’en viens à m’interroger. Pourquoi ne puis-je jamais assister à un cunnilingus digne de ce nom comme je le mériterais après une bonne journée de travail, ma bière à la main ?

Harukawa pussy

Je dois manquer d’autorité – © Harukawa Namio

Bien sûr, il ne faut pas longtemps pour s’apercevoir que le cunnilingus va contre un code fondamental du porno : le voir. C’est ainsi, il faut voir, c’est le principe de base. Tout voir. Or, une vulve, c’est petit, assez petit pour être totalement caché par le visage de l’acteur qui s’efforcerait de lui prodiguer un cunnilingus digne de ce nom. Voici donc pour l’explication.
Le voir semble le roc indépassable de la pornographie contemporaine.

Exit la fille qui se caresse le clito pendant une pénétration anale, exit aussi un cunnilingus qui ressemble à un cunnilingus, à savoir une bouche collée sur une chatte. Il faut que le mec l’effleure du bout de la langue. Et par voie de conséquence, exit, presque tout ce qui pourrait évoquer un authentique plaisir féminin. Et en règle générale, exit le cunnilingus. Trop compliqué.

Mais d’où vient cette idée débile qu’il faut absolument TOUT voir TOUT LE TEMPS ? Franchement. Ok disons que c’est la base de la pornographie. Montrer. Mais euh… C’est obligé que ça soit comme ça tout le temps ? Quand on voit une chatte, une bouche qui se colle dessus et la tête du gars faire des mouvements, si on ne voit pas d’organes génitaux en gros plan pendant plus de 22 secondes, le cerveau du mâle n’arrive plus à se représenter ce qui se passe ? il y a un bug neurologique ? Pitié… Et vous avez remarqué que quand on colle une queue au fond de la gorge d’une fille on ne la voit plus ?

En ce qui concerne la femelle, du peu que j’en sais, et sans vouloir revenir à la bonne vieille époque du téléfilm érotique de M6, il semblerait qu’avoir à solliciter un brin d’imagination soit rarement un problème et que par conséquent, la suggestion puisse permettre de combler les zones d’ombre que la caméra ne peut pas saisir. Et il n’y a qu’à voir le travail d’Erika Lust pour se convaincre que ça reste du porno, à base de pénétration en gros plan.

On se retrouve avec un cliché débile : les mecs veulent tout voir et de préférence avec des gros nichons et des éjaculations faciales et les filles aiment la suggestion, l’imagination et les situations romantiques. En réalité, il y a beaucoup de garçons qui sont aussi lassés que moi par les poncifs du porno actuel et qui aimeraient voir leurs désirs et fantasmes prendre corps dans des situations plus charnelles et plus intellectuelles. Comme il y a un tas de filles qui se contenteraient de pornos où elles puissent admirer de beaux plombiers bien membré.

Il ne s’agit pas d’un clivage homme / femme mais d’une différence dans l’abord de la sexualité : plus physique pour les uns(e) (je suis content(e) quand je baise un BGBM / une parfaite girl next door) plus intellectuel pour les autres (je suis content(e) quand je baise avec quelqu’un qui sait bien baiser / qui a des fantasmes qui me correspondent).

Et pour l’instant, côté porno on reste dans le physique, le bourrin, la gorge profonde, l’éjac faciale. Comme si on ne pouvait pas éjaculer DANS un vagin (ou ailleurs) et que ce soit excitant, comme si lécher une chatte c’était chiant comme la mort, comme si l’orgasme d’une fille ne valait qu’accompagné d’une éjaculation (féminine). Donc, je l’attends toujours moi, l’émergence du porno féminin, et j’attends surtout qu’il influence enfin le gonzo et que mes copains intelligents et moi on puisse enfin se branler tous ensemble dans l’harmonie, un bouquin de Virginie Despentes dans une main, une bite dans l’autre.

Mademoiselle Sarah

*Le premier degré tue des chatons

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